Une méthode de tirage consistait par exemple à aligner, sur le sable, quatre lignes superposées de points tracés au hasard, puis de faire de décompte de chaque ligne de points. D'une ligne impaire résultait un point unique, et d'une ligne paire un point double. Cette méthode est encore utilisée de nos jours, dans une version « adaptée », où le medium trace sur le papier quatre lignes de points pour en faire ensuite le décompte.
Ces quatre premières figures sont en général appelées les « Quatre Mères », et d'elles découlent, par un système complexe de report de points, les onze autres figures de l'oracle. Ces quinze figures sont réparties en douze « maisons », deux « témoins » (droit et gauche) et un « Juge ».
Certains adeptes de cette technique divinatoire y ajoutent une seizième « maison », le « Subjudex » ou « la Sentence », obtenue à partir de la combinaison du « Juge » et de la « maison I ». Cette « maison » surnuméraire n'est habituellement pas dessinée sur le graphique des quinze « maisons » classiques.
Construction d'un graphe
Exemple fictif choisi au hasard parmi 65 536 combinaisons différentes (16 x 16 x 16 x 16).
Une même figure peut revenir deux ou plusieurs fois dans l'ensemble du tirage : son interprétation variera toutefois en fonction de la place occupée parmi les « Maisons ». Toutefois, un graphe réunissant la même figure dans quatre cases (ou plus) sur quinze est habituellement considéré comme nul.
| Les quatre « Filles » | Les quatre « Mères » | ||||||
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VIII xx x x x x x |
VII x xx x x x x |
VI x xx x x x |
V xx x x x |
IV xx x x x x |
III x xx x x x |
II xx x x x x x |
I xx x x x x |
| Les quatre « Nièces » | |||||||
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XII xx x x x x |
XI xx x x x |
X xx x x x x |
IX x xx x
x x
x
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Témoin Gauche x xx x x x x |
Témoin Droit xx x x x |
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Juge xx x x |
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Construction des « Filles » :
- les points successifs de la première « Fille » (V) sont le report de la première ligne de points des quatre « Mères » ;
- les points successifs de la deuxième « Fille » (VI) sont le report de la deuxième ligne de points des quatre « Mères » ;
- les points successifs de la troisième « Fille » (VII) sont le report de la troisième ligne de points des quatre « Mères » ;
- les points successifs de la quatrième « Fille » (VIII) sont le report de la quatrième ligne de points des quatre « Mères ».
Construction des « Nièces » : à la différence de la construction des « Filles », les points ne sont pas reportés. Chaque ligne de chacune des « Nièces » est obtenue en additionnant les points de la ligne correspondante des deux « Mères » ou des deux « Filles » de l'étage supérieur, puis en réduisant au plus petit entier pair ou impair : 2 + 2 = 4 réduit à 2, 2 + 1 ou 1 + 2 = 3 réduit à 1, 1 + 1 = 2.
La construction des « Témoins » suit le même schéma, chaque ligne de chacun des « Témoins » étant obtenue en additionnant les points de la ligne correspondante des deux « Nièces » de l'étage supérieur, puis en réduisant au plus petit entier pair ou impair. Les deux « Témoins » sont obligatoirement de même parité (soit pairs, soit impairs). Une parité divergente est la preuve d'une erreur dans l'établissement du graphe.
La construction du « Juge » suit le même schéma, chaque ligne du « Juge » étant obtenue en additionnant les points de la ligne correspondante des deux « Témoins », puis en réduisant au plus petit entier pair ou impair. Le « Juge » compte obligatoirement un nombre de points pair, ce qui limite à huit le nombre de figures possibles dans cette case : Via (4 points), Fortuna Minor, Fortuna Major, Carcer, Conjunctio, Amissio, Acquisitio (6 points) et Populus (8 points). Toute autre figure est la preuve d'une erreur dans l'établissement du graphe.
Dans le cas d'une interrogation de l'oracle faisant appel à la seizième « Maison » surnuméraire, celle-ci est obtenue en additionnant les points respectifs de la première « Mère » (I) et du « Juge ». On aura dans le cas présent :
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Sentence x xx x x x (la Conjonction) |
Bibliographie
- Robert Ambelain, La Géomancie arabe, Robert Laffont, 1984
- Robert Ambelain, La Géomancie chinoise, Éditions du Rocher, 1991
- Marielle-Frédérique Turpaud : B.A.-BA Géomancie, Éditions Pardès, 1999
- Bernard Maupoil, La géomancie à l'ancienne Côte des Esclaves, Institut d'Ethnologie, Paris. Troisième édition, 1988























Objet rituel en écorce du peuple iroquois



