

Il a été cette fois possible d'assister à des séances de wad'a, faites par deux femmes. En ceci, le Yémen ne se distingue du Machrek. En outre, la façon dont l'une d'elle pratique correspond à ce que l'on a vu au Liban et en Syrie : dans la rue, boniment, séances très courtes de prédiction, jugements débités automatiquement, mêmes jugements pour tout le monde, c'est une pratique systématiquement liée à un gain.
Traditionnellement, les objets jetés sont des coquillages (sadaf) ; j'ai pu constater qu'ici, le panier tressé servant de plateau accueille des objets de nature diverse, tels que des pierres basaltiques, des bouteilles de parfum, qui font partie des manipulations au même titre que les coquillages. Mais, au vu des objets présents sur le plateau, on peut se demander s'il ne faut pas au moins un coquillage pour que l'acte de divination puisse se faire.
Le wad'a se transmet de mères en filles, mais la pratique ne semble pas le fait exclusif de nomades, comme dans d'autres pays arabes (une des praticiennes est originaire d'une tribu des environs de Mârib ; l'autre est native d'un village près de Sanaa, sans que j'ai pu faire préciser la provenance ou le statut social de la famille).


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